GAPP : Groupe d’analyse des pratiques professionnelles

Temps de parole au travail
Temps de parole au travail

Aussi appelés supervision collective, les GAPP, ou groupes d’analyses de pratiques professionnelles, permettent aux professionnels confirmés ou débutants de se pencher sur leur façon d’exercer et de l’améliorer.

Ils ont aussi pour objectifs d’activer les compétences spécifiques de chaque membre du groupe pour enrichir le savoir-faire de l’équipe. Explications.

Le GAPP, un outil indispensable pour progresser

On ne peut pas parler des GAPP sans évoquer le professeur Mickael Balint, un psychiatre d’origine hongroise à qui l’on doit les premiers travaux, et les premiers livres, sur la question. L’éminent spécialiste était convaincu qu’on pouvait approfondir la connaissance des relations humaines non par des cours théoriques, mais par la discussion de cas réels rapportés par les membres d’un groupe formé dans cette optique.

Au travers des GAPP, il croyait à l’analyse du vécu et au pouvoir de l’échange. Soixante-quinze ans plus tard, les GAPP sont plus que jamais d’actualité. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les GAPP sont des groupes stables de 8 à 15 d’étudiants de formation initiale ou de professionnels en exercice qui se réunissent périodiquement et régulièrement, 3 à 5 fois par an, pour analyser leurs pratiques professionnelles. Ils travaillent toujours avec un animateur-régulateur formé pour ce travail dont la première fonction sera d’instituer et de faire respecter un cadre précis.

L’analyse par l’analyse

Pour qu’ils fonctionnent, les GAPP sont en effet régis par un certain nombre de règles : le volontariat, la confidentialité, la régularité, l’assiduité, le non-jugement, des temps minutés de prise de parole, le respect des participants et du fonctionnement…

Il s’agit concrètement d’une pratique réflexive, une analyse par l’analyse, qui amène le participant à réfléchir de manière critique et constructive sur sa pratique, mais aussi sur celle des autres.

Les GAPP permettent de mieux appréhender des situations vécues personnellement, mais aussi de comprendre celles vécues par les autres participants. Et de se préparer à vivre ces dernières si elles se présentent.

Lorsqu’ils exposent les situations singulières, voire difficiles, qu’ils ont vécues, les participants peuvent ainsi y voir plus clair sans pour autant obtenir des réponses ou des conseils des autres. Les GAPP sont en effet fondés sur le principe que chaque participant a les réponses en lui. Les autres ne sont là que pour lui apporter des informations concrètes ou théoriques et  pour l’amener à trouver lui-même la solution à son problème. Pour faire avancer sa réflexion, l’exposant utilise la force du groupe, lequel s’appuie sur un animateur-régulateur efficient…

Un animateur à l’écoute du groupe

Car en termes de GAPP, qui dit sécurité du groupe et donc efficacité, dit animateur-régulateur capable de faire respecter le cadre établi bien sûr, mais pas seulement. Un animateur efficient sera en mesure d’écouter le groupe et de ressentir ce qui s’y passe et ce qui s’y joue. Un travail loin d’être facile si l’on juge le risque de « transfert », l’animateur devenant alors bouc émissaire. Du fait de son positionnement, il est sensé tout savoir et connaitre toutes les situations, ce qui n’est évidemment pas le cas. L’animateur d’un GAPP n’est pas là pour apporter de l’eau au moulin, mais bel et bien pour modérer et recentrer les débats si besoin. Ni juge, ni donneur de leçons, il veille à faciliter les échanges et à faire progresser le collectif.

Vous l’avez compris, les GAPP répondent à des règles précises. A commencer par le déroulé même de la séance qui se décompose en général en six phases. Après le rituel de démarrage, un volontaire expose une situation vécue. Vient ensuite la séance de questions des autres participants pour recueillir le maximum d’informations sur la situation en question. Passé le temps des hypothèses formulées par chacun, l’exposant est amené à conclure avant que l’animateur n’invite chacun à analyser la séance sans revenir sur la situation vécue.

Aujourd’hui plus que jamais, les professionnels quels qu’ils soient ressentent la nécessité de prendre du recul sur leur activité et sur leurs pratiques. Parce qu’ils permettent de sortir la tête du guidon et d’avoir un regard critique sur les pratiques, les GAPP sont là pour répondre à cette attente.

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